LA TUNISIE ET LE DEVELOPPEMENT DURABLE

par António Neto da Silva


En abordant ce thème j’avais deux choix: Ou je l’abordais d’un point de vue purement technique ce qui aurait limité mon exposé (vu le temps imparti) à un ou deux aspects du Développement Durable ou j’optais pour une démarche globale qui mettrait en évidence les trois forces qui dominent et sont en train de façonner le Monde. Etant conflictuelles ces forces peuvent constituer une entrave à un développement durable et être une source de danger pour la continuité de la vie sur Terre.

La première force réside dans la nécessité d’un Développement Durable. Nous vivons sur une Planète dont les ressources sont finies, nous ne pourrons pas continuer à user et à abuser des ressources terrestres au delà de leurs capacités de renouvellement sans courir le risque de notre propre destruction.

La deuxième force est fondée sur l’Extrémisme et le Terrorisme. L’être humain souhaite vivre en Paix, il souhaite le respect de ses valeurs et de ses convictions les plus profondes, et ce, indépendamment de ses spécificités culturelles ou religieuses. De ce fait, l’Extrémisme, quelque soit sa nature est une entrave à un développement harmonieux.

La troisième force c’est la Globalisation. Nous souhaitons vivre au mieux sur le plan économique et voir prospérer l’économie de nos pays.

Ce sont là les aspirations de l’être humain, celles qui façonnent notre conscient et notre inconscient. Et puisque la vie n’a de sens que si nous assurons le respect et la réalisation de nos aspirations, ces forces sont les trois piliers sur lesquels devront porter notre réflexion.

Le Nouvel Ordre Mondial doit donc prendre en compte le fait que la Planète à des ressources limitées, ce qui remet en question le principe d’une croissance continue et sans limites. Le Nouvel Ordre Mondial doit donc respecter le fait que les peuples veuillent vivre leurs croyances dans un cadre de coopération, de tolérance et de liberté. Le Nouvel Ordre Mondial doit donc respecter l’ambition de l’homme d’avoir plus et mieux (droit inaliénable de l’Homme et, en particulier, des peuples qui vivent dans les limites de la subsistance).

Ces trois vecteurs sont cependant conflictuels.

Premièrement, les ressources de la Planète sont limitées, nous ne pouvons espérer voir tous les pays du monde poursuivre leur rythme de croissance actuel sans courir le risque de l’épuisement de ses ressources. L’eau potable, la qualité de l’air et la couche d’ozone sont des facteurs vitaux à notre survie et nous pouvons déjà sentir et constater les conséquences de leurs déséquilibres.

Deuxièmement, le respect de la liberté des peuples se heurte à toutes formes d’extrémisme, culturel ou religieux. Développement durable et extrémisme ne sont pas compatibles. Le développement ne peut être durable que dans un environnement de stabilité et de tolérance qui permet de canaliser les efforts et les énergies sur les défis majeurs liés à la Santé de notre Planète.

Troisièmement, le vœu d’améliorer le niveau de vie est de nos jours associé au processus de globalisation compétitive dont les principales valeurs sont l’efficacité et la compétitivité, valeurs qui se substituent aux idéologies dominantes du siècle passé. Bien que le processus de globalisation compétitive soit essentiel à l’amélioration des conditions de vie de milliards de personnes sur la planète (comme le démontre la croissance de pays comme l’Inde et la Chine), le rythme de croissance correspondant n’est pas compatible avec le maintien de la vie sur terre.

Un développement durable est celui qui permettra aux générations actuelles de satisfaire leurs besoins et leur qualité de vie sans compromettre l’avenir des générations futures.

Le Monde n’est pas seulement victime de l’épuisement des sources d’énergie traditionnelles (pétrole) et des matières premières qui permettent de maintenir la croissance économique. L’humanité est en passe de détruire les ressources qui sont par définition vitales. Catastrophes naturelles, manque d’eau potable, pollution de l’air, agression des ultras violets, disparition d’espèces animales et végétales, disparition des forets et de la biodiversité, augmentation des allergies et mutation des virus. Le scenario peu paraître apocalyptique mais aujourd’hui nous sommes prés de 6 milliards d’habitants, Si l’évolution de la population reste la même dans 30 ans nous seront 8 milliards et ainsi de suite. Ou bien l’Homme met d’urgence en place des mesures qui permettront un développement durable ou bien nous devrons supporter un désastre aux proportions imprévisibles. La planète est une entité vivante qui assurera sa propre protection si l’homme ne contient pas ses excès. Pour se protéger, la planète pourra nous conduire à une guerre mondiale qui pourra provoquer la destruction de la moitié de la population de la planète, ou, engendrer des épidémies qui pourront avoir le même effet. Nous pouvons refuser de croire que la terre possède des mécanismes d’auto-défense mais nous savons qu’ils existent et nous avons été les témoins de leurs manifestations. La multiplication des catastrophes naturels en 2007, même si on ne compte que celles ou l’ONU est intervenue, est un fait révélateur et alarmant. Les catastrophes causées par les variations climatiques ne sont pas que des prédictions de l’avenir c’est une réalité de notre vivant. Quelques exemples : le 22 Février 2007 la Bolivie a subi des manifestations extrêmes sur le plan météorologique, inondations sur les bas plateaux, sécheresse grêle et gel sur les haut plateaux qui ont provoqués la mort de 34 personnes et affecté les conditions de vie de 300 000 personnes. Le 12 Mars 2007 le Mozambique à été victime d’un cyclone et d’inondations dans le bassin de la rivière Zambèze affectant les conditions de vie de 285 000 personnes. A partir du 15 mars et pendant 3 mois, 6 cyclones ont affecté Madagascar causant des inondations et de grave rupture en denrées alimentaires affectant 500 000 personnes. Le 27 mars en Zambie des pluies torrentielles menacèrent la vie et les conditions de subsistance de 300 000 personnes un bilan qui affecta la vie de 1.4 millions de Zambiens. Le 18 Juillet, au Pakistan des inondations provoquées par des tempêtes et un cyclone provoquèrent la destruction des récoltes et du bétail ainsi que la mort de 500 personnes et affectèrent les conditions de vie de 2.5 millions de personnes. Le 28 Juillet une terrible sécheresse au Swaziland provoqua la nécessité de faire appel à l’aide alimentaire d’urgence pour répondre aux besoins de 500 000 personnes; Le 28 juillet à Lesotho une terrible sécheresse à réduit de moitié la production de mais d’où la nécessité de faire appel à une aide alimentaire pour répondre aux besoins de 553 000 personnes, des incendies ont également ravagée terres et foret; le 24 Aout au Pérou un puissant tremblement de terre tua 519 personnes et détruisit 60 000 foyers; le 27 Aout en Corée de Nord des pluies torrentielles affectent la vie de 1 million de personnes détruisant en partie ou entièrement 240 000 foyers; le 28 Aout le Soudan est victime d’ inondations jamais vécues auparavant qui affecte la vie de 400 000 personnes et provoque la mort de quelques douzaines de personnes selon un bilan officiel contesté; le 14 Septembre au Nicaragua l’Ouragan Félix de force 4 tue 67 personnes et laisse 100 000 sans abris; le 21 septembre en Ouganda de fortes pluies affectent la vie de 300 000 personnes mis à la rue et qui ont du avoir recours à l’aide alimentaire; le 4 Octobre de fortes inondations touchent l’Afrique de l’ouest et laissent 700 000 personnes sans abris dont 400 000 au Ghana.

Pourtant, continuer à assurer la croissance économique et démographique, continuer un processus de globalisation basé sur l’efficacité et la compétitivité ne sera possible que si nous sommes capables de provoquer un développement radical des technologies. Cette Révolution Technologique devra permettre de séparer la croissance économique de l’utilisation des ressources vitales et des autres ressources naturelles que la terre possède en quantités limitées. Faire le pari d’un développement des Technologies est la seule voie qui puisse permettre un développent durable. Un développement qui ne consomme pas de ressources au delà de celles que la planète est capable de renouveler.

La Tunisie, pays souverain, a su faire usage de son influence sur le monde comme un Pays actif, soucieux du développement durable de la planète, d’une manière juste et efficace. Je ne me limite pas à évoquer les efforts développés à l’intérieur du territoire Tunisien pour une raison simple: aucun pays, même s’il à mis en place des mesures exemplaires pour le respect d’un développement durable ne pourra a lui seul résoudre le problème dans sa globalité. Le problème est Planétaire : ou tous les pays coopèrent ou l’humanité ne pourra sans maux et souffrance accéder à la deuxième moitié du XXI siècle.

La Tunisie est un exemple pour les trois piliers évoqués.

Au niveau de la paix et de la tolérance, facteurs essentiels à un développement durable, la Tunisie, malgré sa localisation géographique jugée à risque, est un pays musulman, fier de sa culture et de sa religion, qui a su résister à la dérive extrémiste. Ceci est un facteur politique d’une importance majeure. Le contrôle de l’extrémisme s’est fait dans le respect des valeurs démocratiques. Démarche assuré par un Leader, Le Président Ben Ali, dont les efforts et la justesse de sa Politique ont obtenu une reconnaissance à l’échelle Mondiale.

Pour ce qui est de la globalisation compétitive, la Tunisie à bien compris que ce processus est déclenché et que rien ne pourra l’arrêter. Il constitue la voie pour une croissance rapide des pays émergents et des pays en voie de développement. Les frontières de la Tunisie sont ouvertes au commerce, au tourisme et aux investissements étrangers. Ceci à permis le développement de l’Economie et de la Société Tunisienne. La participation active de la Tunisie au processus de globalisation compétitive à permis de grands progrès dans l’achèvement des deux derniers piliers et l’apparition très souhaitée pour l’économie d’un pays, d’une petite et moyenne bourgeoisie dont il est important de stimuler la diversité et l’esprit d’entreprise. En Economie comme en société il est important de construire sur des fondations constituées de petits, moyens et grands composants. Aucune construction n’est solide si le mélange des gravillons et du ciment ne présente pas plusieurs calibres.

Il est évident que la Tunisie se devra d’être exigeante pour le respect des normes de contrôle visant à protéger l’environnement, normes applicable aussi bien aux entreprises qu’aux familles.

Les exemples de politiques concernant l’environnement se multiplient en Tunisie. Pour commencer c’est l’un des rares Pays à avoir un Ministère explicitement appelé Ministère de l’Environnement et du Développement Durable. En plus , conscient que la rareté des ressources hydrauliques constitue l’un des principaux défis au développement agricole et à la sécurité alimentaire durable, forte de plusieurs milliers d’années d’histoire et berceau des grandes civilisations hydrauliques méditerranéennes, la Tunisie a fait une mobilisation totale, une planification régionale et la gestion rigoureuse des eaux continentales, dans un objectif de prévenir toute pénurie d’eau. Dans cette politique qui se perfectionne jour a jour, est comprise la maitrise de la pollution hydrique, par l’assainissement, la valorisation et la réutilisation des eaux usées traités, et par la sensibilisation à l’économie de l’eau potable. Les efforts en cours pour résoudre le problème de la salinisation des nappes, notamment du Sud Tunisien, dû au réchauffement planétaire, est un autre bon exemple de politique de Développement Durable dans le Pays.

Un Développement Durable qui permettrait simultanément une Croissance Economique et une Justice Sociale ne sera possible que s’il s’accompagne d’un grand développement des technologies que seule une vision orientée vers le futur pourra garantir. Cette vision est présente dans la politique mise en place par la Tunisie, comme en témoigne entre autres l’organisation du Sommet Mondial de la Société de l’Information en 2005. Il y a donc en Tunisie une conscience active que la croissance économique n’est possible qu’à travers l’introduction accélérée de nouvelles technologies qui permettrons l’évolution des activités humaines dans un cadre séparé de l’utilisation des ressources vitales et de l’utilisation des matières premières. Thème qui sera certainement débattu lors de la Conférence Internationale sur la Solidarité Internationale pour protéger l’Afrique et la Méditerranée contre les Changements Climatiques (Tunis 18-20 Novembre 2007). Encore une conférence organisée par la Tunisie, persuadée de la nécessité de mettre en place de nouveaux mécanismes de coopération concrétisant la solidarité entre pays industrialisées et pays en développement et jouant un rôle important à l’échelle internationale, donnant un contenu concret au principe de la responsabilité collective dans le but de réaliser les objectifs d’un Développement Durable.

Pour toutes ces raisons, je crois qu’en poursuivant la voie tracée, et en la perfectionnant au rythme de l’évolution des technologies, les Tunisiens sont déjà et continueront à être un Peuple actif dans la promotion d’un Développement Mondial Durable.

 

18 de Outubro de 2007 - ALECSO - Tunis

 

(c) 2007, ILAC. Todos os direitos reservados.
Início
Missão
Agenda
Notícias
Artigos
Corpos Sociais
Estatutos
Links
Galeria